image Le dernier ogre
SPECTACLES
LE  DERNIER  OGRE
ou l'honneur fait aux plats
décembre 2018 ados adultes
« Si l'amour de tes filles ne calme pas ta forge
Il en naîtra la lame qui tranchera nos gorges. »
EXTRAITS AUDIO  ÉQUIPE  RÉSUMÉ  INTENTIONS
SPECTACLES
LE  DERNIER  OGRE
ou l'honneur fait aux plats
décembre 2018 ados adultes
« Si l'amour de tes filles ne calme pas ta forge
Il en naîtra la lame qui tranchera nos gorges. »
EXTRAITS AUDIO  ÉQUIPE  RÉSUMÉ  INTENTIONS
Écriture, musicalité, états de pensée du corps
Le texte est écrit en Alexandrin. La contrainte d’une telle métrique (rimée qui plus est) pour un texte contemporain est de taille. Comment passer d’un registre slamé-rock à un jeu naturaliste juste par l’usage de la prosodie de la voix et du corps ? L’expérience de ce type de contrainte sur Ulysse nuit gravement à la santé nous a montré que l’écriture peut se « voir » ou non. C’est un choix musical et de jeu de décider quand il faut entendre la poétique et quand il faut entendre le sens et ce, pour un même texte.
Comment créer un univers sonore dans cet esprit, entre concert rock et « silence » cinématographique (silence créé de toutes pièces par les sons qui le compose, qui en donne l’épaisseur) ? Comment créer le silence par la densité des corps dans l’espace. Des corps en « état de pensée » dans la lignée du théâtre gestuel. Comment les postures et les actions corporelles peuvent-elles sculpter un volume et exprimer la tension du crime qui s’apprête à être raconté et raconté encore ?
Une première partie se dégage assez facilement : Elle est faite d’instruments, de micros, de fils. Une deuxième est plus discrète, s’appuie sur la diffusion sonore tout en proscrivant la bande-son car dans le spectacle vivant, même la musique doit être live pour être en dialogue avec les corps, pour être interprétée et non diffusée.

Ogre, monstre, opprobre…
Déplacer le curseur est une motivation constante des spectacles de la Cie. Nous aimons par le regard que nous portons, par l’angle d’attaque de la caméra, définir un focus différent sur un personnage et nourrir le théâtre contemporain des figures de la tradition. L’histoire du petit Poucet est le conte classique dans lequel s’illustre la version la plus archétypale de la figure de l’ogre et ce souvent amplifié par les illustrations de Gustave Doré : L’ogre est immense, gros, débordant, les yeux exorbités de faim, la mâchoire massive autant que la boîte crânienne petite. Voilà, tout est fait, tout est dit. Contentons-nous alors de le condamner à mort puisqu’il est laid et nous est nuisible ?
En vérité il apparaît ainsi dans le but de cristalliser la peur de l’extérieur du foyer. Sa fonction dans le conte traditionnel est de faire comprendre qu’au coeur des forêts perdues et nocturnes, il y a une menace qui nous incite à rester chez nous sagement.
Pourquoi pas.
Pour autant il nous intéresse de dépasser cette vision traditionnelle nécessaire. Nous voulons déplacer le curseur :
Et si le bourreau était la victime ? le monstre est-il le supplicié ?
J’ai toujours vu cet ogre comme un père dont l’esprit implose quand il découvre ses 7 petites filles égorgées à cause d’une duperie. Il s’agit encore d’un « monstre », d’une « bête » dérangé(e) au coeur de son foyer. Car si le psychopathe moderne frappe quand il veut où il veut, les « monstres » traditionnels sont tout à fait inoffensifs s’ils ne sont pas dérangés chez eux. Leur rayon d’action est très restreint : leur foyer, la forêt, la grotte, le monde du dessous…
Il y a en effet très peu de contes traditionnels où un monstre vient causer le chaos dans le monde des hommes : c’est toujours les héros/enfants qui pénètrent un territoire qui leur est proscrit, dans lequel habite une entité - jusque là bien tranquille - qui va devoir composer avec cette irruption impromptue. Les exemples sont nombreux. Les enfants/héros s’invitent toujours chez la sorcière (Hansel et Gretel, Baba Yaga), l’ogre (Poucet, le cyclope), le diable (Les trois cheveux d’or du diable), le troll (Askellaad, Les trois petits chevreaux, etc.).
De même que nous ne reprochons pas à un chat de manger une souris, peut-on reprocher à un ogre de vouloir manger des enfants ?